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Encourager les filles à la programmation : comment on atteint 30% de filles chez Codii

30% de nos élèves Codii sont des filles, contre 12% en école d'ingé info. Voici les biais qu'on a dû écraser et ce qui marche concrètement.

Jordan Krancenblum8 avril 20256 min de lecture· Mis à jour 4 mai 2026

12% de filles en école d'ingé info en France. 30% chez Codii. On n'est pas particulièrement vertueux : on a juste pris le sujet au sérieux dès le démarrage, identifié les biais qui font fuir les filles à 8-10 ans, et corrigé ce qu'on pouvait. Voici ce qui marche concrètement, au-delà des discours corporate "diversity & inclusion".

Le constat brutal

Selon Femmes@Numérique et l'INSEE :

  • 15% de femmes dans les métiers du code en France (vs 50% dans la pop active)
  • 12% de filles en école d'ingénieur informatique
  • 27% de filles en filière scientifique au lycée
  • Décrochage massif entre 8 et 14 ans : à 8 ans elles aiment, à 14 ans elles n'envisagent plus

Ce n'est pas un problème de capacité. Les études (PISA, INSEE) montrent que les filles sont aussi bonnes que les garçons en logique et maths au CE2. Le décrochage est culturel et social.

Les 4 biais qui font fuir les filles

Biais 1 : "Le code c'est pour les garçons"

Un enfant de 6 ans tape "programmeur" dans Google Image : 90% d'hommes. Il regarde Iron Man, Tony Stark : un homme. Il joue à Minecraft : la majorité des YouTubers gaming sont des hommes.

À 8 ans, sans modèle féminin visible, une fille intériorise que "ce n'est pas pour elle".

Biais 2 : Les jeux par défaut sont masculins

Quand tu fais un atelier code "fais ton premier jeu", l'animateur propose souvent : un jeu de tir, un jeu de combat, un jeu de course. Statistiquement, ces thèmes captent plus les garçons.

Conséquence : les filles font le projet par obligation mais s'ennuient, conclusion implicite : "le code c'est pas pour moi".

Biais 3 : La compétition au lieu de la création

"Qui a fini le plus vite ?", "qui a le meilleur score ?". Ces formats activent la testostérone et démotivent les filles qui préfèrent créer une histoire, partager un projet, faire ensemble.

Biais 4 : Les parents inconsciemment biaisés

Combien de parents disent à leur fille "tu es plus douée pour les langues" et à leur fils "tu es plus matheux" ? Combien de parents offrent un kit de robotique au garçon et un kit de cuisine à la fille ? Ces micro-décisions s'accumulent en biais massif à 12 ans.

Ce qui marche concrètement chez Codii

1. Profs féminines visibles

40% de nos profs Codii sont des femmes (vs 15% dans la profession). Ce sont des développeuses en activité dans des entreprises tech et des startups. Quand une fille arrive en cours d'essai et tombe sur une prof développeuse expérimentée, le biais "ce n'est pas pour moi" tombe en 10 minutes.

2. Projets thématiques variés (pas que de la baston)

Dans nos cours Scratch et Python, on propose des projets par centres d'intérêt déclarés par l'élève en cours d'essai :

  • Histoire interactive avec personnage qui parle
  • Jeu d'évasion avec énigmes
  • Quiz musical / culturel
  • Animation poétique
  • Mini-jeu coopératif (deux joueurs collaborent)
  • Site personnel pour partager ses passions
  • Bot Discord pour organiser des évènements
  • IA qui reconnait les émotions

Le code est un outil d'expression, pas seulement un outil de baston. Quand on présente le code comme moyen de créer ce qui te plait, les filles s'embarquent autant que les garçons.

3. Format 1-to-1 (pas de pression de groupe)

En groupe de 8-12, les garçons les plus extravertis monopolisent l'attention, les filles introverties se font effacer. Notre format 1-to-1 élimine ce biais : la prof se concentre sur la fille, son rythme, ses envies, sans qu'elle soit jugée par les autres.

4. La compétition Codii : conférence des élèves mixte

Notre conférence annuelle où chaque élève présente son projet est délibérément 50/50 dans les démos sur scène. Voir une fille de 10 ans présenter son jeu Scratch à 200 personnes, ça fait plus pour la motivation des filles présentes que tous les discours "go girls".

5. Pas de "filière fille" séparée

On NE crée PAS de cours "code pour filles" séparé. C'est l'inverse de l'objectif. On veut qu'une fille soit naturellement à sa place dans un cours de code, pas mise à part dans un cours dédié. La mixité des élèves importe.

Ce qui ne marche pas (et qu'on a viré)

❌ Les couleurs roses partout

Quand on a ouvert Codii, on a hésité à faire un branding plus "féminin" pour attirer les filles. On a viré l'idée tout de suite. C'est insultant : ça suppose qu'une fille a besoin de rose pour se sentir concernée. Notre design est neutre/coloré, et on a 30% de filles malgré (ou à cause de) ça.

❌ Les ateliers "filles uniquement"

On a essayé un atelier découverte filles uniquement à un moment. Les filles ont apprécié l'absence de garçons mais l'effet à long terme était nul : le retour en cours mixte les retraumatisait. Mieux vaut faire un cours mixte avec une bonne prof qu'un cours filles uniquement.

❌ Les "rôles modèles" forcés

"Regarde, Ada Lovelace c'est une femme et elle a inventé l'informatique en 1840 !" : c'est sympa, mais pour une ado de 12 ans c'est très loin. Beaucoup plus efficace : avoir une vraie dev en chair et en os qui code en direct devant elle.

Les conseils concrets aux parents de filles

3signaux à activer
0rose ni paillettes forcées
40%profs femmes Codii
  1. Privilégier une prof femme pour le démarrage si possible. À défaut, vérifier le discours du prof sur la mixité avant d'inscrire votre fille.
  2. Présente le code comme outil de création, pas comme outil de baston. "Tu veux créer un jeu pour ta sœur ? Un site pour ton groupe d'amies ? Une animation de poésie ?"
  3. Ne fais pas de différence avec un fils dans tes attentes verbales : ne dis pas "ma chérie c'est pas grave si t'y arrives pas" alors que tu pousserais ton fils. Les filles entendent ces micro-différences.
  4. Co-fais le projet au début si tu peux. Avoir un parent qui s'investit dans le code de l'enfant est un signal énorme, surtout si tu es la mère.
  5. Évite les jouets genrés dans la communication marketing du cours qu'elle suit. Si tout est rose et licorne, fuis.

Au début j'avais peur d'aller en cours parce que je pensais que ça allait être que des garçons. Mais ma prof est une femme dev dans une startup tech, elle code en direct des trucs trop stylés. Maintenant je code aussi des trucs perso à la maison. Je veux faire 42 plus tard.

: Léna · 13 ans, 4ème année Codii

Pour aller plus loin

Si tu veux essayer Codii avec ta fille (ou ton fils, on aime tout le monde), 1h de cours d'essai gratuite. Tu peux préciser dans le formulaire que tu préfères une prof femme : c'est noté et appliqué.


À retenir : 30% de filles chez Codii vs 12% en école d'ingé info. Ce qui marche : profs femmes visibles, projets variés (pas que de la baston), format 1-to-1, mixité affirmée. Ce qui ne marche pas : rose, ateliers filles séparés, role-models trop abstraits. Aux parents : cherche une prof femme pour démarrer, présente le code comme outil de création, ne fais pas de différence avec un fils.

Questions fréquentes des parents

Quel pourcentage de filles dans les métiers tech en France ?
Environ 17% des développeurs salariés en France sont des femmes (INSEE 2024). Dans les écoles d'ingénieur info, c'est encore plus bas : autour de 12%. Chez Codii, on a fait un effort actif dès 2020 sur le sujet : résultat : 30% de nos élèves sont des filles, soit ~2,5× la moyenne école d'ingé. La parité se joue avant 12 ans, pas en université.
À quel âge les filles décrochent-elles de la programmation ?
Statistiquement entre 9 et 11 ans, selon plusieurs études (Microsoft, Femmes@Numérique). Avant 8 ans, les filles s'intéressent au code autant que les garçons. Le décrochage vient des biais sociaux (jouets genrés, modèles absents, blagues classe collège) plus que d'une moindre appétence. D'où l'importance de proposer un cadre rassurant et stimulant entre 8 et 12 ans.
Faut-il créer des cours de code spécifiques pour filles ?
Pas forcément. Chez Codii on a des groupes mixtes, mais on fait attention à 3 choses : 1) profs femmes sur les formations 6-12 ans (modèle visible), 2) projets thématiques larges (pas que des jeux de tir / foot), 3) zéro tolérance sur les remarques sexistes en cours. Les groupes 100% filles peuvent être utiles ponctuellement pour casser un blocage, mais l'objectif final reste la mixité naturelle.
Comment encourager ma fille à essayer le code ?
Trois leviers concrets : 1) commencer tôt (6-8 ans avec Scratch), avant que les biais sociaux ne pèsent ; 2) partir de SON sujet : animal préféré, histoire qu'elle aime, manga : pas d'un projet par défaut ; 3) lui montrer des femmes développeuses (Ada Lovelace, Margaret Hamilton, mais aussi des dev contemporaines). Une heure d'essai gratuite chez Codii ou un atelier local sont des bons tests sans engagement.

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Tu veux essayer Codii avec ton enfant ?

1h en visio 1-to-1 avec un dev pédagogue Codii. On évalue le niveau de ton enfant et on l'oriente vers la formation idéale. Sans CB, sans engagement.

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